Comment ne pas s’inquiéter du changement climatique

Le débat concernant le changement climatique se rassemble autour de deux principaux points de vue. Le premier est la perception du changement climatique comme un problème inquiétant nécessitant sans plus tarder une grande attention et, de préférence, un engagement fort de la part du secteur public afin de résoudre le problème. Le deuxième est la vision des pseudos « spectiques » qui ont tendance à faire totalement abstraction du problème. Selon moi, ces deux points de vues peuvent avoir de dangereuses conséquences précisément du fait qu’ils se basent sur des opinions plutôt que sur la raison et la recherche.

L’humanité à l’origine du réchauffement climatique

Je suis d’accord sur le fait qu’il existe un impact humain considérable sur les conditions climatiques. Cependant, si nous devions nous pencher sur l’impact actuel de notre comportement brutal envers l’environnement, les éventuelles conséquences ne seraient qu’à peine prévisibles. Nombre de catastrophes prédites par les environnementalistes ne se sont pas réalisées. Le rapport « Halte à la croissance » du Club de Rome estimait une chute de nos ressources et un effondrement social durant l’année 2012.

National Geographic a récemment publié un diaporama contenant des images de notre planète illustrant les conséquences d’un accroissement des températures moyennes de 58 à 80 Fahrenheit ou de 15 à 26 degrés Celsius. Même un changement aussi drastique dans les températures ne saurait justifier les visions apocalyptiques précédemment évoquées et, en réalité, des changements aussi extrêmes ne sont que peu probables.

Même en mettant cela de côté et en admettant le fait que la situation est aussi inquiétante que ce que le pire des scénarios nous suggère, cela ne justifie toujours pas un bon nombre d’actions prises ou proposées. Gérer le changement climatique ne signifie pas accepter une solution mise en avant par les gouvernements et institutions comme les Nations Unies ou l’Union Européenne. Il existe des alternatives. L’Union Européenne, par exemple, a mis en place la stratégie Europe 2020 afin de réduire les émissions de carbones de 20% avant 2020. Malheureusement, cette politique n’a mené qu’au déplacement de la production de l’Europe vers l’Asie. De fait, la production de CO2 est restée inchangée. La tentative de baisse de la consommation énergétique mondiale est également irréaliste étant donné que la croissance du monde en développement nécessite des ressources additionnelles ainsi qu’une production industrielle. Les gouvernements chinois et indien ne vont pas abaisser leur consommation domestique maintenant, alors que leurs populations ont enfin les moyens de se l’offrir.

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Energie fossile vs. énergie renouvelable

Il existe bien évidemment de puissants groupes de lobbying qui se dressent pour défendre les combustibles fossiles, cependant il existe également d’incroyables soutiens aux énergies renouvelables. Subventions et faveurs ont été accordées à toute sorte de sources énergétiques et de nombreuses entreprises en ont bénéficié. De plus, nous devons nous souvenir que se sont ces mêmes gouvernements et organisations internationales qui ont initialement subventionné les ressources fossiles, qui veulent maintenant promouvoir les énergies renouvelables. Pourquoi, pour une fois, ne pouvons-nous pas laisser le marché se développer et introduire des technologies renouvelables efficaces puisque qu’en fin de compte c’est bien l’esprit d’entreprise qui accompagne le progrès humain ?

De plus, il est important de garder à l’esprit que certaines productions d’énergies renouvelables pourraient ne pas être aussi durables que nous le pensions. Des recherches menées par J. Ausbel montre que pour produire un megawatt d’énergie en utilisant l’énergie éolienne, il faut 870 tonnes de béton ainsi que 460 tonnes d’acier. Ce qui représente cinq fois plus que l’énergie nucléaire. Et cela sans compter l’excès d’émissions de CO2 au cours de la fabrication du béton et de l’acier.

A défaut d’avoir une planète B, nous devrions avoir un plan B

Les politiques contemporaines se concentrent sur le déploiement de technologies renouvelables afin d’atteindre un objectif de durabilité. Cependant, du fait de leur efficacité limitée et de leur coût élevé, il est peu probable que nous atteignons un jour cet objectif. Par conséquent, nous devrions évoluer vers une approche plus dynamique en prenant en compte les enjeux de durabilité, en arrêtant de se débarrasser des sources d’énergies existantes et en investissant dans la R&D pour la durabilité. C’est la première fois dans l’histoire que la durabilité fait l’objet d’une telle attention dans l’agenda mondial. Nos ancêtres ne se souciaient pas des catastrophes climatiques puisqu’ils n’avaient que peu d’alternatives en terme énergétique et un système urgentiste qui manquait de vitalité. À l’inverse nous sommes terrifiés à l’idée d’une catastrophe climatique et nous supportons sans précaution chaque action prise dans ce domaine sans être attentif aux coûts. Pour citer Franklin Delano Roosevelt, « Nous n’avons rien à craindre si ce n’est la peur elle-même. »

Frantisek Kraus
(Trans: Sofiane Hadine)

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