Fragments Khmers

Une série de clichés pris par notre photographe Ophélie Dormières, partie en mission humanitaire au Cambodge en août 2014. Clichés saisissants d’une grande sensibilité.

Angkor, août 2014. On pourrait croire que cette photo d’un temple d’Angkor avec un moine a une dimension tout à fait mystique et spirituelle (le Noir et Blanc renforce la tromperie) et pourtant il ne s’ait que d’un « moine touriste » comme un curé visiterait le Vatican. Si on regarde de plus près on constate qu’il tient un appareil photo.

Moines fumant, Angkor, août 2014.

Phnom Penh éclatante, Phnom Penh, août 2014. Ce portrait nocturne de la capitale cambodgienne contraste avec le reste de mes clichés. La capitale y apparait comme moderne, grande et éclatante. Le Cambodge se surprend à rêver de grandeur après des années d’histoire cauchemardesque. La route est encore longue car à l’image du pays, Phnom Penh est une ville pleine de contrastes et d’inégalités où il reste encore beaucoup à faire et notamment au niveau de l’urbanisme. Les khmers semblent ne pas encore avoir la culture de la ville, symbole pour beaucoup d’entre eux de richesse.

Ana, deux ans, Phnom Penh, août 2014. Ce portrait à la sortie de la douche m’évoque beaucoup de tendresse. J’ai eu une forte complicité avec Ana tout au long de mon séjour. Joviale et insouciante, elle représente pour moi l’enfant khmer dans toute sa grandeur et sa force de vivre. Ne parlant pas la même langue, nos échanges restaient limités mais les khmers ont tellement d’expression dans le regard que le langage devient finalement secondaire.

Sieste improvisée, Phnom Penh, août 2014.

Photo n°5

Le tissage de la Soie, Phnom Penh, août 2014.

Photo n°6

Boucherie, Phnom Penh, août 2014. Tant par les odeurs que par les couleurs, les marchés cambodgiens m’ont beaucoup interpellée. C’est un véritable lieu de rencontre pour les khmers où se déroule l’activité commerciale la plus évidente et les relations humaines les plus simples. Le Cambodge dans toute sa modestie.

Photo n°7

Lever de soleil sur Angkor Wat, Angkor, août 2014, prise avec un Iphone 5c. Les temples d’Angkor sont à la hauteur de leur réputation. Il y’a une confusion immense à trouver autant de grandeur parmi tant de misère humaine. Les temples d’Angkor se dressent comme un espoir. Angkor est à la fois le souvenir lointain de la puissance de la civilisation khmer mais aussi le symbole permanent de la grandeur de l’oeuvre humaine.

Photo n°8

L’heure de la douche, Phnom Penh, août 2014. Les cambodgiens sont très pudiques. La nudité étant dérangeante, ils se douchent avec un krama. Nous partagions donc un moment réellement intimiste avec ces enfants et adolescents. Les clichés de la douche étaient délicats à prendre, il fallait bien leur faire comprendre que l’objectif n’était en aucun cas un objet de voyeurisme.

Photo n°9

Le petit-déjeuner, Phnom Penh, août 2014.

Le petit déjeuner

Les contrastes de la ville, Phnom Penh, août 2014.

Photo n°11

Au fond de la cour, Phnom Penh, août 2014. Cette photo prise depuis le fond de la cour de la paillote représente une habitation. La famille qui y vivait était celle de deux des enfants dont nous nous occupions, dont Ana (photo n°4).

Photo n°12

Coucher de soleil sur la décharge de Siem Reap, août 2014. Cette photo a beaucoup interpelé mes proches à mon retour tant la beauté de la lumière contraste avec l’horreur du paysage. La décharge de Siem Reap est un des pires paysages qui m’a été donné de voir. les quelques minutes que j’y ai passé resteront gravés dans mon esprit pour très longtemps. Un sentiment de dégoût, de haine et de désespoir accablant s’est emparé de moi face à ces images révoltantes. Il est important de préciser que cette photo ne montre pas les enfants qui sont en train de travailler dessus ni les familles qui y vivent. Les photographies de la décharge étaient difficiles à prendre sur le plan moral. A la limite du voyeurisme malsain, la question s’est posée de prendre ou de ne pas prendre ces clichés. J’ai finalement opté pour la première non pas par intérêt morbide, mais par devoir d’informer de ce qui se passe à 10 000 km de chez nous et de notre confort occidental. L’horreur est telle que personne ne nous aurait cru ou aurait pu mesurer l’immensité de cette misère.

Photo n°13

Les bracelets du souvenir, Killing Field (Phnom Penh), août 2014. Ces bracelets sont placés sur la barrière qui borde un des charniers de Killing Field, le plus grand champ d’extermination khmer rouge. Avec ces petits objets de culte personnel et de mémoire intime, on saisit la cicatrice douloureuse d’une histoire finalement récente. Le traumatisme est encore très largement palpable parmi les khmers.

Photo n°14

La distribution du riz, Phnom Penh, août 2014. A la fin de chaque semaine, nous donnions à chaque enfant un sac de riz pour qu’il puisse le ramener à sa famille. La stupeur et la fierté qui se lisaient sur le visage de ces enfants rendaient toujours la scène très émouvante. Je ne verrai plus jamais un sachet de riz de la même manière tant j’ai eu l’impression de donner un sac d’or à ces enfants qui n’ont rien ! Cette photo représente un des enfants s’ébrouant dans les sacs de riz avec deux moniteurs européens. Le bonheur qui se dégage de cette photo réveille en moi une vive émotion.

Pour plus d’informations sur l’organisation avec laquelle Ophélie a eu la chance de faire ce séjour : Pour un sourire d’enfanthttp://pse.asso.fr/index.php .

Ophélie DORMIÈRES

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