Transformer la malédiction des ressources en bénédiction

Lorsqu’un pays est riche en ressources mais pauvre en infrastructures, cela peut mener à un phénomène nommé la malédiction de la ressource. Ce « paradoxe de l’abondance » se manifeste lorsque le pays n’est pas suffisamment adapté pour gérer les facteurs de stress engendrés par leur richesse récemment découverte.

La découverte de ressources précédemment inconnues peut signifier un bon en avant en termes de développement pour le pays. Cela peut également être une malédiction, suscitant des intérêts internationaux et des regards indiscrets sur ces nouvelles ressources, plaçant le contrôle étatique de ces mêmes ressources en situation de danger face aux séduisantes propositions d’investissements internationaux et promesses d’afflux de capital. Lorsque ces intérêts ont des implications négatives, un phénomène non désiré peut se développer aboutissant sur l’exploitation et l’injustice de traitement dans le commerce mondial de ressources.

La malédiction de la ressource voit le jour peu après le début de l’ère de la globalisation. Avant cette période, les États étaient nécessairement auto-suffisants et n’avaient pas besoin d’emprunter de grosses sommes, préférant garder leur PIB modeste et leur exposition au risque minime.

Avec l’explosion du capitalisme, les États à travers le monde ont commencé à développer des façons innovantes de gonfler leur territoire économique. Avec cette expansion est arrivé l’attrait de rendements plus grands, mais aussi l’aspect négatif de plus de risques et de forces de contrôle externes.

Les États empruntent lorsque qu’ils sont en situation de forte émergence de leur économie. Cela leur permet d’avoir des avantages pour leurs prêts, car lorsque l’économie commence à ramasser des gains exponentiels, la force de l’économie et la monnaie contre-balancent le remboursement des prêts.

L’inconvénient de ce mécanisme financier surgit si l’économie ralentit. Lorsqu’un État emprunte de l’argent et que l’économie s’affaiblit, la monnaie nationale s’affaiblit également. Avec une monnaie plus faible, les remboursements de prêts sont plus hauts, ce qui les rend plus difficiles à honorer. Lorsqu’un État tombe en défaut de paiement, une pénalité d’intérêt est aussi fréquemment infligée. Cela dépend d’à quel point le déclin économique est sévère, mais cela peut créer une situation impossible.

L’aspect le plus inquiétant de la malédiction de la ressource est qu’elle est persistante dans son application. Peu importe quelle ressource est dans la demande économique, le phénomène n’a pas de frontières.

Du fait de la nature même de la malédiction de la ressource, elle a été perçue comme un phénomène central à combattre par la Banque Mondiale. Cela a été fait par la Banque Mondiale en contribuant activement au ITIE (L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives), ce qui correspond à 80% des industries lourdement impliquées dans la contribution à cette « malédiction ».

En participant conjointement à l’Initiative TIE, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont les moyens de mettre en œuvre un système de prêt responsable. Ce système devrait inclure : le climat économique actuel, les circonstances actuelles de la finance et le montant potentiel à gagner en terme de richesse après que tous les processus extractifs aient été accomplis.

L’ITIE a des impacts bénéfiques à la fois à l’échelle locale et à l’échelle mondiale. Elle permet un degré plus large de transparence entre les populations locales et leurs gouvernements, et permet de promouvoir un environnement de croissance inclusive des organisations de base jusqu’aux plus gros conglomérats.

Un autre des catalyseurs principaux de la malédiction de la ressource est la corruption, qui est apparente sous toutes ses formes. Des politiques au monde du commerce, la corruption détruit progressivement l’économie et freine le développement. Dans beaucoup de cas, la corruption est basée dans les fonds du portefeuille public, qui ont été prévus pour le développement des processus extractifs.

En adoptant une approche proactive pour atténuer efficacement les effets de la malédiction de la ressource, il est possible de réduire drastiquement son impact. La situation appelle une mise en œuvre efficace d’un système de prêt responsable, en accord avec la logique. Avec un peu de chance, les États pourront découvrir que l’information gagnée de l’étude et du combat actif contre la malédiction de la ressource pourrait transformer cette malédiction en bénédiction.

Traduction: Sofiane Hadine

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