L’Etat Islamique massacre 150 femmes en Irak

Le Ministère des droits de l’Homme irakien a publié un communiqué informant que des militants de l’Etat Islamique avaient exécuté 150 femmes, parmi lesquelles des femmes enceintes, dans la province occidentale d’Al Anbar. D’après l’Anadolou Agence, les militants les auraient ensuite ensevelies dans une fosse commune à Fallujah.

ISISinRaqqa.26Aug2014.AFP_

Selon le ministère, “au moins 150 femmes, incluant des femmes enceintes, ont été exécutées à Fallujah par un militant du nom d’Abu Anas Al-Libi après qu’elles aient refusé le mariage jihadiste. Plusieurs familles ont également été obligées de migrer d’Al Wafa, une ville du nord de la province, après que plusieurs centaines de résidents ont reçu des menaces de mort”.

 

En utilisant le livre saint de l’Islam pour de justifier leurs actions, l’EI a publié une brochure informant les militants des différentes manières par lesquelles ils sont autorisés à abuser sexuellement, violer ou punir des prisonnières. Au travers d’une interprétation fallacieuse de l’Islam, la brochure décrit en d’atroces et sordides détails les manières dont ces abus sexuels peuvent être exécutés, et comment les recommandations qui y sont faites peuvent être implémentées de la manière la plus efficace qu’il soit. La brochure mentionne entre autres qu’il est permis de “violer des femmes esclaves” ou d’avoir une “relation sexuelle avec pénétration si elles n’ont pas atteint la puberté”.

 

On a déjà, par le passé, pu reporter que des chefs de tribus affiliés à l’Etat Islamique avaient publiquement aligné et exécuté des civils de plusieurs tribus mineures, sans qu’aucun signe de remord ou de honte ne soit lié à leurs actions. Ce n’est pas la première fois qu’un massacre de masse est commis. Cependant, le fait que ce dernier n’ait visé que des femmes (ainsi que de futurs nouveaux-nés) a attiré l’attention du public, notamment sur le respect et l’honneur que l’EI accorderait aux femmes.

 

Car si l’Etat Islamique se revendique de l’Islam, les militants devraient alors comprendre l’honneur que Dieu accorde aux femmes et à la dignité qu’elles chérissent. Toute religion, culture ou croyance s’accorderait sur le principe que le viol est une offense à la sexualité et à la chasteté féminine, l’Islam ne faisant pas exception.

 

La position qu’ils adoptent et par laquelle ils trouvent des justifications qui permettent de commettre ces atrocités contre les femmes nous permettent clairement de mettre en doute leur moralité et de questionner l’essence même de ces justifications. Utiliser le Coran comme appui, l’interpréter de cette façon et démontrer publiquement que l’Islam permet la violence sexuelle, infuse et diffuse plus de mal que de bien.

 

L’Etat Islamique a justifié le massacre de ces femmes, étant d’après eux une mesure drastique, car elles ont refusé de marier des militants. Ce refus est en réalité un droit reconnu à la femme dans l’Islam, et ne saurait constituer une justification pour l’Etat Islamique. En effet, il faut faire attention à ne pas faire de raccourcis, comme le fait finalement l’Etat Islamique, pour juger d’un aspect qui n’est pas titulaire dans l’Islam. Le mariage est un sujet à part entière mais il est judicieux et important de rappeler que si le prétendant ne lui convient pas, une femme peut tout à fait s’opposer au mariage qui, de ce fait, ne doit pas avoir lieu. De plus, les mariages forcés ou en tant que forme d’esclavage ne sont pas permis non plus. De ce fait, cette mise à mort qui découle d’une décision légitime prise par ces femmes rend les actions de l’Etat Islamique redondants.

 

Un énième massacre de masse perpétré au nom d’un Islam mal interprété et déformé donne aux musulmans une bien mauvaise impression et les rend tout aussi victimes d’un groupe qui se justifie en utilisant de manière erronée leurs sources saintes.


On peux observer une attention particulière accordée à la désinformation que l’Etat Islamique produit et entretient, ainsi qu’à leur utilisation abusive d’écritures saintes afin de justifier leurs atrocités. Et bien qu’ils clament être des militants musulmans, on doit avant tout questionner s’ils peuvent réellement être considérés comme tels.

De: Samer Haque / Traduit par: Omar Tarabay

 

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