Briser les mythes autour des vaccins et de l’autisme

Il y a 16 ans, la prestigieuse revue scientifique médicale The Lancet publiait un article du gastroentérologue britannique Andrew Wakefield. Lui et son équipe affirmaient avoir trouvé une preuve reliant la vaccination à l’autisme chez les jeunes enfants – preuve qu’ils ont ensuite admise comme étant fausse.

Depuis, la communauté scientifique s’est démenée pour lutter contre les dégâts causés par les conclusions absurdes et falsifiées du rapport, étant donné que les parents du monde occidental mettaient les vies de leurs enfants en danger en ne les vaccinant pas.

Beaucoup de gens – moi incluse – ont sur la première page de leur dossier médical un tableau des vaccins précautionneusement daté, assurant qu’ils ont bien reçu la dose initiale et le rappel des vaccins MMR.

Un nombre important cependant ne l’ont pas reçu – une décision prise par leurs parents qui les rend vulnérables aux maladies encore terribles mais évitables, et considérées comme éradiquées dans la société.

Histoire du rapport :

Wakefield et son équipe étaient tous gastroentérologues, axés sur le traitement des maladies du tractus gastro-intestinal et du foie. Ils n’avaient aucun entraînement ni expérience dans la vaccination, ni aucune connaissance médicale de l’autisme.

En dépit de cela, l’équipe de Wakefield a été capable de rédiger un rapport qui n’était pas fondé sur une preuve médicale, n’avait pas de groupe-contrôle (impératif pour valider une expérience scientifique), et dont les conclusions étaient statistiquement nulles. En bref, Wakefield a utilisé des méthodes de recherche faussées pour obtenir des données erronées.

Depuis, les scientifiques du monde entier ont fait des recherches sur les mensonges de Wakefield et n’ont trouvé aucun lien de causalité entre vaccins MMR et autisme. Le poids des preuves réfutant le rapport de Wakefield a en définitive mené l’équipe entière à perdre sa licence médicale. Ceci, cependant, n’a pas réussi à convaincre certains parents dont les craintes idiotes autour du vaccin continueront de compromettre la vie des plus jeunes.

Qu’est-ce que les vaccins MMR ?

Les vaccins d’une manière générale fonctionnent en mimant une maladie ou une infection dans le corps. Cela pousse l’organisme à produire des anticorps ou des lymphocytes-T, qui font partie intégrante du système immunitaire et constituent la majorité de la réponse naturelle du corps à la maladie. Les anticorps attaquent les effrayant pathogènes, pendant que les lymphocytes T (un type de globule blanc) attaquent les autres cellules qui ont déjà été infectées.

Seule la « fausse » infection a été éradiquée, l’organisme est laissé avec un surplus de lymphocytes T possédant une « mémoire » de comment combattre cette infection ou maladie à l’avenir. Cela fournit au corps une immunité contre des pathogènes similaires, et lui garantit de pouvoir se protéger lui-même contre de vraies maladies si et lorsqu’elles se déclarent. Voici donc les mythes qui s’effondrent :

Mythe :

Les vaccins provoquent l’autisme. Ces mensonges sont colportés par des groupes comme l’Australian Vaccination-skeptics Network (AVN, un réseau australien des sceptiques de la vaccination), une organisation visant à désinformer les parents sur les dangers inexistants de la vaccination.

Les faits :

La nouvelle Commission d’examen des plaintes des soins de santé du Pays de Galles du Sud a publié une déclaration disant que :

« ne fournit pas d’information fiable concernant certains vaccins et plus généralement la vaccination… la propagation par l’AVN d’informations trompeuses, déformées et incorrectes sur la vaccination engendre de la peur et de l’alarmisme, et est susceptible d’affecter négativement la gestion clinique des soins de ceux qui les écoutent. »

Mythe :

Les vaccins fragilisent le système immunitaire des enfants.

Les faits :

Le Service Nationale de Santé du Royaume-Uni (NHS) explique que si un enfant recevait onze vaccins simultanément, cela utiliserait seulement un millième de la capacité totale à lutter contre la maladie et ne causerait aucun dommage au système immunitaire de l’enfant.

Mythe :

Les industries pharmaceutiques ne sont motivées que par le profit.

Les faits :

Les revenus globaux estimés pour tous les vaccins sont d’environ 24 milliards de dollars. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cela équivaut à tout juste 2-3% du marché total du médicament disponible pour les sociétés pharmaceutiques du monde entier.

Mythe :

Les enfants non vaccinés peuvent vivre « normalement » et ne représentent pas une menace pour le reste de la communauté

Les faits :

Comme vu lors de l’épidémie d’oreillons de 2014 en Amérique du Nord, les enfants n’ayant pas été vaccinés seront isolés, mis en quarantaine, et exclus des écoles, crèches et autres lieux publics jusqu’à ce que la vague soit terminée. Les fonctionnaires du domaine de la santé publique ne prendront aucun risque et empêcheront activement les enfants non vaccinés de mener « une vie normale » si nécessaire.

Tout cela parce qu’un enfant non vacciné peut contracter des maladies et représente ainsi une menace pour les adultes et d’autres enfants non vaccinés en transmettant ces maladies dans la communauté. Les enfants non vaccinés souffrent également de la totalité des symptômes de maladies invalidantes causant un handicap physique et/ou d’autres conséquences durables – pouvant empêcher et ruiner une vie « normale ».

Le plus gros canular médical

De tous les canulars médicaux, le rapport anti-vaccination falsifié par Andrew Wakefield et son équipe a été le plus néfaste pour les enfants et le reste de la société. Beaucoup de parents, emportés par l’hystérie et le manque de notions de base pour comprendre la science, risquent bêtement la vie de leurs enfants en les exposant à d’horribles maladies évitables comme la rougeole, la coqueluche, les oreillons, la rubéole, la polio et la tuberculose.

Ils – et leurs enfants – créent une menace permanente pour la communauté globale, en perpétrant des mythes qui ont longtemps été réfutés par des professionnels médicaux qualifiés dans le monde entier.

Cependant, ces croyances anti-vaccination ne sont pas illégales, même si elles sont parfaitement erronées et préjudiciables à l’avenir de la société. L’Australie est la dernière en date à expérimenter le phénomène, avec la méconnue Sherri Tenpenny qui organise une série de forums et de conférences qui renforcent les mensonges inhérents à la campagne anti-vaccination.

Tenpenny a été rondement critiquée pour exprimer ses opinions liant l’immunisation à l’autisme, l’asthme, l’ADHD et les maladies auto-immunes, et les Australiens ont rejoint la protestation contre elle en annulant ses réunions, signant des pétitions, et en réfléchissant même à la laisser entrer dans le pays.

Dans une société bien informée, éduquée, l’ensemble des preuves scientifiques ont assuré une large réponse publique et gouvernementale contre ces conférences extrémistes qui mènent au lavage de cerveau de parents sans méfiance (et manifestement stupides) et à ainsi tuer leurs enfants.

Alors que les vaccins peuvent parfois causer des éruptions cutanées et de légères fièvres, ces effets secondaires prouvent typiquement que le corps travaille à renforcer son immunité.

Ce qu’il faut retenir, c’est : l’autisme n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais, une conséquence des vaccinations. Pour tous les parents ici, assurez-vous d’avoir lu les faits scientifiques, faites des recherches sur le débat vaccin/autisme, et utilisez des informations fiables venant de professionnels de la médecine avant de décider de risquer votre vie ou celle de votre enfant en choisissant de ne pas les vacciner.

Nikita Harlaka
Traduction : Jessy Poirié

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