Opinion : Australia Day – révoquez ma nationalité, s’il vous plaît.

26 janvier, revoilà la journée des louanges.

Ils l’appellent l’Australia Day, une célébration de toutes ces choses considérées comme australiennes, que se soit le « a fair go », le « mateship » ou autre forme à terminologie ambiguë auxquelles les Australiens blancs s’accrochent dans l’espoir que cela justifie leur fierté nationale. Pour d’autres, il s’agit plutôt de l’Invasion Day, quelque chose à ne pas célébrer mais plutôt à vilipender. Si j’avais à choisir entre une des deux qualifications, je choisirais certainement la dernière.

Mais ce n’est pas le sujet ici.

Australia Day – Résiliez Ma Nationalité, S’il-vous-plait.3

Exonérons-nous tout d’abord de quelques responsabilités. Je ne vais pas ici vous fournir des affirmations statistiquement fondées sur ce qui est à repenser concernant cette date. Non. Je vais le critiquer (avec limites) autant que je le peux, avec l’envie de faire glisser quelques-uns d’entre nous dans une position où nous serons plus critique concernant le nationalisme, la fierté ou quoi que soit d’autre que vous ressentez (ou êtes censés ressentir) lorsque vous entendez le terme « Australien » ou apercevez ce satané drapeau. En tant que citadin au cœur de Sydney, l’Australia Day est l’un des rares jours de l’année où je hais m’aventurer hors de chez moi, par peur d’être forcé à fricoter avec la foule de banlieusards, les propriétaires de McMansion, les péquenauds et, bien sur, mes confrères citadins pensant que c’est un bon jour pour sortir à leur restaurant de bord de mer favoris bien que hors de prix. On est endoctrinés par ces slogans, peu importe où l’on va. Ils sont dans les bus, me demandant de célébrer l’ « Aus Day ». Ils sont sur les panneaux, me disant que je peux célébrer l’« Australia Day » à ma façon, comme si d’une certaine manière en visitant une localisation ou banlieue spécifique, j’allais comme par magie adopter un nationalisme particulier.

 

Je hais tout cela. Je hais ce que cela représente historiquement, je hais ce que cela représente pour la majorité des Australiens aujourd’hui, et je hais ce que tant d’entités commerciales et d’autorités étatiques/nationales ont fait pour utiliser cela comme un moyen d’augmenter leurs revenus et leur nombre de visiteurs.

Cette journée s’appuie sur un vague sentiment nationaliste avec lequel je ne peux être en accord, peu importe les aspects bénéfiques que cela peut avoir. Son essence est le nationalisme, et je ne suis pas un patriote. L’Australie, telle qu’elle est aujourd’hui, est une société à laquelle je ne veux tout simplement pas appartenir.

Nous sommes des gens qui, tout en affirmant notre tolérance et notre amour pour le « fair go », enfermons les plus vulnérables, emprisonnons notre population indigène, pensons que nous somme trop taxés alors que notre taux de taxation est plutôt bas comparé à la moyenne des pays de l’OCDE, votons en fonction de slogans (peu importe la ligne politique) et sommes plus enclins à regarder un épisode de Neighbours plutôt que l’excellent Four Corners ou Foreign Correspondent de Aunty. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet ici puisque chacun d’entre eux est bien trop complexe et mérite leur propre article.

Nous somme éduqués, pourtant nous n’apprenons rien. Nous voyageons, mais nous n’examinons pas ce que nous voyons. Contiki tours ne compte pas. Ce ne sont que des tournées de bar payées à l’avance avec un arrière plan plus sympa que celui d’Oxford Street ou de King Street à Sydney. Pour moi, l’Australia Day est le point culminant de tout cela. C’est ce que cela représente.

Nous l’avons tous compris, mais ne nous savons pas ce que nous pourrions faire, ce qui pourrait réellement être fait.

Australia Day – Résiliez Ma Nationalité, S’il-vous-plait.2

Les politiciens et les médias ont sans aucun doute une part de responsabilité dans tout ça. Mais nous devons nous rappeler que nous avons voté pour eux. Nous choisissons de regarder ou lire certaines sources médiatiques. Nous choisissons d’adopter un point de vue, ou de considérer une position comme plus légitime qu’une autre. Si nous voulons quelque chose de différent, nous devons commencer à penser non pas en tant qu’« Australiens », attachés à des concepts obsolètes de nationalisme ou à cette journée sacrée de l’ANZAC (corps d’armée australien et néo-zélandais), mais plutôt comme des humains. Des citoyens du monde. De vrais voisins, habitants la même planète.

Ouvre les yeux, Australie. Il y a bien plus dans cette planète et nous sommes bien plus que ce que l’Australia Day représente actuellement. Il est temps d’abandonner cette vision et de redéfinir ce que nous sommes, ce que nous cherchons, et où nous allons.

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