Un système éducatif américain défaillant ?

Pour ses détracteurs, le système éducatif universitaire des États-Unis est défaillant. Principal argument : les diplômés universitaires sont incapables d’effectuer des tâches basiques, telles qu’écrire correctement.

Par Danielle Urban – Traduction: Jessy Poirié

Ces diplômés de haut niveau, titulaires d’un master par exemple, sont bien souvent inaptes à rédiger de manière acceptable, selon les critères en vigueur sur le marché du travail. Ceci, combiné au fait qu’une fois leur diplôme en poche, les étudiants se retrouvent endettés pour de nombreuses années, rend prévisible l’utilisation du terme de « défaillant ». Enfin et surtout, l’éducation universitaire ne donne pas aux jeunes les outils nécessaires pour entrer dans le monde du travail, encore moins dans le domaine qu’ils ont choisi. On pourrait penser qu’en obtenant un diplôme universitaire, on se garantit une place sur le marché du travail, mais c’est loin d’être le cas aujourd’hui dans la société américaine.

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Combien d’emplois exigent de bonnes compétences de base en écriture ? Combien de diplômés universitaires sont réellement capables d’écrire assez bien pour décrocher un emploi ? Selon Katherine Hansen (PhD), éducatrice et écrivaine, presque deux tiers des emplois dans les grandes entreprises américaines requièrent de solides compétences rédactionnelles. En outre, selon l’Université de Bentley, « presque trois quarts des chargés d’embauche se plaignent que les jeunes employés – même ceux sans diplôme universitaire – ne sont pas préparés au marché du travail… », et ce n’est pas le pire. Selon le Conseil d’Éducation économique, seulement vingt-deux États sur cinquante ont rendu obligatoires les cours d’économie au lycée. Comment les États-Unis peuvent-ils attendre de leurs étudiants une quelquoncque connaissance, relative à la finance et l’économie, alors que ce n’est même pas un enseignement obligatoire dans tous les États ? Et les gens se demandent pourquoi les Américains sont aussi peu perspicaces dans la maîtrise de leur finance. Les étudiants dépensent tout leur argent et leur temps afin d’obtenir éducation supérieure décente, pensant que cela les préparera pour leur futur emploi une fois diplômés, alors qu’ils ressortent totalement démuni face aux compétences requises dans leur domaine. L’éducation universitaire est censée préparer les jeunes au monde du travail en leur enseignant les outils nécessaires pour réussir leur entrée à la suite de l’université. Mais beaucoup de postes exigent des compétences rédactionnelles qui manquent cruellement aux jeunes diplômés américains, expliquant leurs difficultés à décrocher un travail.

Les employeurs ont besoin d’employés hautement qualifiés. Mais, encore une fois, d’après l’Université de Bentley, les recruteurs se plaignent des faiblesses rédactionnelles des jeunes candidats et de leur manque de préparation totale à l’aspect pratique de leur emploi. Ce n’est pas à l’entreprise d’apprendre aux diplômés comment bien écrire pour réussir ni de faire en sorte que les jeunes sachent comment travailler dans leur domaine d’études. C’est le rôle des universités. Beaucoup de PDGs accusent les universités d’être une perte de temps et d’argent, ces dernières n’enseignant pas ce qu’il faut savoir pour entrer dans le monde du travail. Mais la grande question demeure : pourquoi le système éducatif américain est-il défaillant ? Et qu’est-ce qui sera fait à l’avenir pour résoudre le problème grandissant de l’impréparation totale des jeunes diplômés au monde du travail ?

 

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