Le Pays des « Hommes Libres » bloque sa réforme de l’immigration

Sur la Statue de la Liberté sont gravés les mots d’Emma Lazarus, « Give me your tired, your poor, Your huddled masses yearning to breathe free, The wretched refuse of your teeming shore. Send these, the homeless, tempest-tossed to me, I lift my lamp beside the golden door! » (Donnez-moi vos pauvres, vos exténués / Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres / Le rebut de vos rivages surpeuplés / Envoyez-moi ces déshérités rejetés par la tempête / De ma lumière, j’éclaire la porte d’or !). Mais les bras Miss Liberty sont désormais bien moins accueillants qu’ils ne l’ont été par le passé.

Par Meher Masalawala – Traduction : Vincent Escoffier

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L’Amérique a toujours été un phare de liberté et d’égalité, l’endroit où un homme ou une femme pouvait tout réussir grâce à sa force de travail et à sa détermination. Elle s’est même autoproclamée « terre des hommes libres et pays des braves ».

Alors pourquoi le décret-loi d’Obama est-il bloqué par le gouverneur du Texas Greg Abbott, soutenu par 26 autres États ? Ce décret aurait permis d’éviter la déportation à près de cinq millions d’immigrés illégaux en leur procurant des permis de travail ainsi que pour leurs familles. Cette réforme de l’immigration ne concerne pas les millions d’individus qui ne rentrent pas dans les critères établis, mais c’est déjà un bon début. Un débat sans fin enflamme le Congrès concernant le nombre de migrants qui vivent dans l’incertitude. La dernière réforme sur l’immigration date de 1986.

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Il semble qu’ils n’aient aucun moyen d’outrepasser les dispositions légales et les formalités administratives qui les obligent à vivre dans l’illégalité. Si l’Amérique est vraiment la terre des opportunités, pourquoi n’y a-t-il pas plus de facilités pour l’obtention du statut de résident et travailleur légal pour ceux qui font vivre le pays ? Les immigrés ont toujours contribué à la prospérité de la Nation depuis sa création, ils sont la raison même de sa conception.

Comment les États-Unis peuvent-ils se targuer d’apporter la liberté à tous alors qu’ils refusent d’accorder des droits à ceux qui les méritent ?

Chaque homme et chaque femme jouent un rôle dans ce système démocratique et dans son économie, et pourtant, tout le monde n’en tire pas les mêmes bénéfices. Aucune sécurité sociale : ces gens ne sont même pas sûrs qu’ils ne seront pas séparés de leurs familles et renvoyés dans un pays qui n’est plus le leur.

La race entre aussi en ligne de compte. On ne demande pas à des blancs de prouver leur « américanitude ». Celui qui a la peau plus foncée ou qui parle un anglais plus laborieux sera catalogué comme immigré alors qu’il se pourrait qu’il s’agisse de quelqu’un né dans le pays. Il existe des stéréotypes qui ont des répercussions sur le jugement et l’opinion.

Si on marque son prochain comme « l’autre », il n’est pas surprenant d’entendre des phrases telles que « rentre dans ton pays » et de voir des gouvernements refuser les réformes de peur de voir des flux de migrants passer les frontières. On dit que si on autorisait les migrants à venir travailler aux États-Unis, la concurrence sur le marché du travail serait trop forte. Mais quid du Rêve américain ? Le concept selon lequel tout est possible grâce au travail, peu importe le niveau d’étude.

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Durant le premier mandat d’Obama, l’action menée pour les enfants migrants en a aidé à obtenir le statut de résident légal. Autour de 60 % d’entre eux ont obtenu un travail, et 45 % ont vu leurs revenus augmenter. Si nous donnons à tout le monde les mêmes opportunités, cela profitera aussi à l’économie américaine. Nous acclamons les Rockefeller et autres Steve Jobs, mais nous freinons la prospérité à cause du système d’immigration. Tous ceux qui vivent en Amérique ne sont-ils pas américains ?

Si on s’y sent chez soi, pourquoi est-il si difficile de le traduire juridiquement ? En bloquant et en ralentissant une réforme de l’immigration, les États-Unis posent des limites à son propre succès. Il est grand temps que le gouvernement vienne en aide à ses immigrés.

 

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