L’émancipation des femmes afghanes grâce au code et bitcoin

Bienvenue dans l’Afghanistan de 2015. Treize ans après la chute du régime des talibans, qui laissa une économie en ruine et des structures sociales défaillantes et qui n’arrive toujours pas à protéger les groupes les plus vulnérables de la nation. Sur une population totale de plus de 30 millions d’habitants, 85 % des femmes ne disposent pas d’une éducation formelle et ne constituent encore à peine que 15 % de la force de travail du pays.

Par Gulandam Khan – Traduction: Omar Tarabay

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Fereshteh Forough

La conversation que j’ai eue avec Fereshteh Forough fut une leçon d’humilité des plus marquantes. Jeune, poétique, mais surtout déterminée à changer la condition de la femme dans son pays natal, Feresteh est diplômée en Sciences de l’Informatique, cursus qu’elle a réalisé en Allemagne avant son retour à Herat en Afghanistan, où elle y enseigne l’informatique à l’université.

« Lorsque j’étais professeure, le ratio étudiantes/étudiant était très bas, et la culture dominante en Afghanistan rendait difficile la participation des filles, ou même le simple fait qu’elle puisse lever la main ».

Sans espoir et sans soutien, les Sheryl Sandbergs et Marissa Mayers de l’Afghanistan ont eu du mal à aller de l’avant, de « lean in » comme incite le titre du livre de Sheryl Sandberg. Fereshteh prévoit malgré tout de remettre en cause les structures sociales de son pays, afin de permettre l’émancipation des femmes via la technologie. Cela, malgré des statistiques et une réalité sociale qui jouent contre elle.  

Elle est une des fondatrices du Women’s Annex Foundation, qui éduque des jeunes femmes afghanes aux métiers de la technologie et à révolutionnarisé leur autonomisation, via la rémunération en bitcoin. La fondation a construit plus de onze centres informatiques en Afghanistan, permettant de connecter plus de 50 000 jeunes femmes au net. Utilisant bitLanders, les jeunes femmes purent débuter leur carrière de blogueuse et recevoir un payement sous forme de bitcoin, une cryptomonnaie qui a changé la manière de concevoir l’autonomie financière des femmes en Afghanistan.

Depuis, Ferestheh a fait une conférence au TED à New York, et plus tôt dans l’année, elle a fondé Code to Inspire, une association pour qui elle lève des fonds afin de participer à l’éducation d’une génération de femmes qualifiées et employables, prêtes à prendre d’assaut une industrie afghane dominée par des hommes.

Le but de Code to Inspire est de mettre en relation des femmes en Afghanistan avec le reste du monde. Il s’agit de les éduquer et faciliter leur émancipation via les nouvelles technologies, en leur enseignant le code puis en les accompagnant dans leur recherche d’emploi.

Avec 22 millions d’utilisateurs mobiles pour une population de 30 millions d’habitants, l’Afghanistan présente pour Fereshteh de très bonnes opportunités pour les étudiantes d’identifier des problèmes dans leur communié et d’élaborer des applications mobiles comme solutions. Les hommes étant les principaux utilisateurs de mobiles, la création par des femmes d’applications qui leur deviendront essentielles est une bonne façon de changer leur attitude et perception sur le rôle des femmes dans les secteurs technologiques.

« Notre but est d’éduquer des filles et jeunes femmes en Afghanistan, les émanciper financièrement en les aidant à trouver un emploi qui leur permette d’utiliser les connaissances et compétences apprises grâce à Code to Inspire ».

Avec pour objectif de réunir plus de 20 000 dollars, Code to Inspire espère pouvoir crée un lieu sûr où les femmes peuvent apprendre, communiquer, échanger et profiter d’un environnement intellectuellement stimulant. Une institution gratuite pour les étudiantes, dont les situations financières familiales ne permettent généralement pas de payer pour une éducation.

En plus d’offrir les compétences sociales, techniques et éducatives, Code to Inspire va apprendre aux étudiantes les compétences requises pour être un bon leader, l’importance du travail en équipe, et améliorer la confiance en soi et leur estime. L’école cible principalement des jeunes filles déjà inscrites dans le système scolaire, afin de leur transmettre les bases du HTML et CSS qui leur permettront de faire de beaux designs. Ainsi que des étudiantes universitaires déjà dans un cursus informatique, afin de compléter leur connaissance dans les technologies mobiles.

« Chacune des filles qui rejoignent nos laboratoires aura l’opportunité d’acquérir une éducation, une connaissance des technologies digitale, et deviendra une ambassadrice de la paix, de la liberté, de la créativité et de l’innovation. Voilà l’essence de Code to Inspire ».

Alors que les grandes villes prospères d’Europe, des États Unis et d’Australie ont du mal à réduire l’écart entre les sexes dans les industries technologiques; Fereshteh Forough reste déterminée à rendre le jeu plus équitable. Malgré les difficultés liées à la sécurité, le transport, les financements et une économie poussive avec peu d’emplois disponibles pour les femmes en Afghanistan, Code to Inspire est animé par une motivation supérieure qui est de faire des femmes financièrement émancipées et technologiquement apte la norme.

Fereshteh est à la recherche de toute organisation ou individu intéressé par la cause et souhaitant la supporter. Si vous souhaitez en savoir plus ou comment contribuer, vous pouvez suivre leur page indiegogo, ou directement montrer votre support sur twitter @codetoinspire.

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