Montréal en deuil avec la France

C’est environ 3 500 personnes, selon le quotidien québécois La Presse, qui se sont réunies ce samedi 14 novembre 2015 devant le consulat de France de Montréal. Une vague de bleu blanc rouge et de la musique française ; France Gall, Edith Piaf, voilà ce qui attendait les courageux venus braver le vent glacial afin de panser leur blessure commune ensemble.

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Madame la consule générale, Catherine Feuillet, nous a donné le mot d’ordre : il ne s’agit en aucun cas aujourd’hui de poser les questions du « pourquoi » ni du « qui » mais l’heure sera bel et bien à l’hommage et au recueillement. La conseillère municipale Annie Samson a également prit la parole au nom du maire. Celle-ci a précisé à quel point le Québec se sent touché par les évènements qui se sont déroulés à Paris la veille. La ville a organisé une grande marche également ce dimanche, afin de permettre à chacun de se réunir dans le calme et la solidarité. Nos « cousins » québécois semblent en effet être plus que jamais, des nôtres. Et cela fait chaud au cœur.

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Une immense tristesse est palpable dans les rues de Montréal. Il faut bien s’avouer que notre communauté française y est très présente. La seconde ville francophone du monde accueille environ les deux tiers des Français installés au Canada. On se balade sur Le Plateau, le quartier connu comme étant la « petite France » montréalaise, peuplé en majeure partie par ses «maudits français », on se balade, mais le coeur n’y est pas. On voudrait être auprès des nôtres aujourd’hui, mais on se sent tristement un peu chanceux d’être en sécurité. C’est compliqué.

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Mais les visages restaient mornes et malheureusement fermés. Mais il y avait des rires parfois dans cette foule regroupée devant le consulat. La chaleur humaine était néanmoins perceptible ; les gens ne se poussaient pas, ils s’inquiétaient de voir des semblables en larmes, ils s’offraient même parfois du chocolat. On a souri timidement aux gens à côté de nous, comme pour se réconforter un petit peu et se dire : « je partage ta peine ». Les paroles révolutionnaires de la Marseillaise ont sonné comme étrangement inappropriées dans cette grande marée pacifiste.

Mais puisque Madame Feuillet l’a précisé, pas de débat politique aujourd’hui. Je me contenterais de vous annoncer avec certitude que le cœur de Montréal bat de pair avec celui de Paris en cette sombre fin de semaine.

 

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