Au lendemain des attentats de Paris : l’amitié franco-allemande renforcée.

Dès 1392, Strasbourg instaure un contrôle de ses frontières lorsque l’empereur du Saint Empire Romain germanique décide d’octroyer à la ville la propriété à perpétuité du Pont du Rhin. Pont symbolisant à présent la liberté de mouvement et le passage entre deux civilisations.

Par Cédric Bischetti et Julien METRO – Makers For Change

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À travers l’histoire, Strasbourg changea plusieurs fois de propriétaire. Elle devint française pour la première fois sous le règne de Louis XIV en 1681. Au cours des XIXème et XXème siècle, Strasbourg changea à de nombreuses reprises de nationalités. Cependant, elle devint incontestablement une ville à dimension européenne au carrefour de deux civilisations aux cultures différentes.

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, Strasbourg devint également un symbole de la paix, avec l’établissement en son sein, du siège de différentes institutions internationales comme le Conseil de l’Europe en 1949 ou encore le siège du Parlement européen après la ratification de l’accord de Maastricht. Les différentes directives européennes ont permis la mise en place de la Convention de Schengen en 1985, et finalement l’ouverture des frontières en 1995. Celle-ci a profondément changé le quotidien des strasbourgeois et des habitants de Kehl en renforçant les rapports transfrontaliers et culturels franco-allemands.

Suite aux attentats du 13 novembre 2015 dernier, le Président de la République française, François Hollande, a annoncé la fermeture des frontières et décrété l’état d’urgence sur l’entièreté le territoire français. Cette mesure a été rendue possible par la loi du 3 avril 1955, révisée par la loi de renseignement de mars 2015. Cette dernière faisait elle-même suite aux attentats contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

Dans ce contexte de crise, la réponse transfrontalière ne s’est pas faite attendre. Conjointement, les forces de police françaises et allemandes se sont rapidement mises en place pour s’unir contre les tentatives d’infiltration et/ou d’exfiltration terroristes. Ces efforts se sont matérialisés par des barrages communs à la frontière pour effectuer des contrôles d’identité renforcer.

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Le couple franco-allemand n’est pas simplement uni dans la défense de leurs territoires respectifs, il l’est également sur le plan culturel. Cela est clairement inscrit dans l’architecture de la ville de Strasbourg mais aussi à travers la langue alsacienne. Parlée par près de 800 000 habitants de la région, elle est considérée comme la deuxième langue autochtone la plus parlée en France. Celle-ci a pour base syntaxique l’allemand en y incorporant une multitude de mots français.

Ainsi, il était pour nous essentiel de nous rendre rapidement sur le terrain à la recherche de témoignages franco-allemands sur les tragiques événements qui nous concernent tous. Le constat est celui d’une solidarité s’exprimant par-delà les frontières. Un véritable engouement s’est fait sentir au sein des populations allemandes. Un jeune étudiant franco-allemand interviewé en Allemagne nous a signalé que durant la nuit du vendredi au samedi, de nombreux allemands sont sortis de chez eux pour témoigner leur soutien aux français par des actes symboliques. Ce genre de geste fort, représentatif de l’amitié franco-allemande a également été initié à Strasbourg par une jeune étudiante allemande âgée de 21 ans. En effet, cette dernière nous explique que « le sentiment de peur et d’anxiété règne dans tout son entourage ». Ce climat d’insécurité en France est similaire à la celui ressenti en Allemagne. Ainsi, précise-elle que « personne ne se sent plus en sécurité nulle part et qu’il est nécessaire que le couple franco-allemand soit soudé plus que jamais, face à de telles menaces ».

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Son avis est partagé par la Chancelière allemande Angela Merckel qui, s’adressant au gouvernement français par une déclaration du samedi 14 novembre 2015, a souligné : « Nous, vos amis allemands, nous nous sentons proches de vous. Et c’est avec vous, ensemble, que nous allons lutter contre ceux qui ont fait cette chose effroyable. ».

Après tous ces événements tragiques, nul doute que le Forum Mondial de la Démocratie, qui débutera le 18 novembre prochain, au Conseil de l’Europe à Strasbourg, mobilisera toutes les synergies positives pour apporter des réponses concrètes à sa thématique centrale : Liberté contre contrôle, une réponse démocratique.

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Makers For Change sera représentée parmi les jeunes délégués venant des quatre coins du monde. Elle y apportera sa vision de la démocratie et ses idées innovantes afin de travailler de manière collaborative pour trouver des solutions locales qui s’inscrivent dans une dimension globale. Ainsi nous tâcherons ensemble de donner un cadre à la définition de la liberté d’Alexandre MINKOWSKI : « La liberté, ce n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, c’est le refus de faire ce qui est nuisible. ».

Crédits photos : Makers For Change

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