Des géopolitiques de Nantes au Village de la Solidarité de Lyon : apprendre davantage sur les Objectifs du Millénaire

Par Mathis Buis

Vendredi 25 septembre 2015 dernier, l’ensemble des pays du monde réunis au sein de l’ONU s’accordait sur un total de 17 d’objectifs ambitieux à réaliser à l’horizon 2030. À travers ces Objectifs de Développement durable, les 193 membres des Nations Unies s’engagent notamment à éradiquer la faim, éliminer l’extrême pauvreté, promouvoir les énergies propres ou encore lutter contre le réchauffement climatique. Ce plan global succède aux 8 Objectifs du Millénaire pour le développement, approuvé en 2000 par l’ONU. Ils furent caractérisés par la mise en œuvre de mesures sans précédent étalées sur 15 ans, pour relever les défis du 21e siècle. Selon Rolf Traeger, économiste à la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement.« les Objectifs du millénaire pour le développement ont exprimé la volonté des États membres des Nations unies d’agir sur les conditions de vie dans les pays du Sud : diviser de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, éliminer la faim dans le monde, scolariser tous les enfants en âge d’aller en primaire, favoriser l’égalité homme femme, améliorer les conditions sanitaires (santé maternelle, mortalité infantile, eau potable et réseau d’assainissement) et lutter contre le sida et le paludisme ».

Quinze ans après le lancement des Objectifs du Millénaire et alors que l’année 2015 signe leur fin, les progrès considérables enregistrés en terme de réduction de la pauvreté, de scolarisation ou encore de lutte contre le paludisme témoignent d’une dynamique encourageante qu’il s’agit de renouveler. Désormais, le nouveau programme onusien intègre des problématiques plus larges, impliquant l’ensemble des citoyens du monde. En passant de 8 à 17 objectifs, l’ONU étend son champ d’action et aspire à conférer une place essentielle au développement durable. Deux évènements organisés à Nantes et à Lyon nous permettent de nous familiariser un peu plus avec cette dynamique progressiste impulsée par l’ONU.

Le samedi 3 octobre, à l’occasion des Géopolitiques de Nantes – un ensemble de conférences organisées par l’IRIS sur le thème de la géopolitique – plusieurs personnalités directement impliquées dans la mise en œuvre des ODD se sont exprimées devant plusieurs centaines de participants dans le Grand Atelier du Lieu Unique. L’occasion pour eux de revenir sur leur expérience, mais aussi de mettre en exergue les limites d’un tel processus. M. Bonaventure Gbétoho Sokpoh, expert international, a ainsi partagé avec le public plusieurs anecdotes mettant en lumière la faible fiabilité des indicateurs récoltés par les évaluateurs des programmes onusiens auprès de pays en voies de développement. Mike Perose, directeur général d’Action contre la Faim, a souligné que le recul spectaculaire de la pauvreté au niveau mondial cache en réalité de grandes disparités selon les régions, et repose essentiellement sur la croissance économique chinoise et indienne. Les problématiques posées par le nouveau cycle de développement sont nombreuses et les occasions pour le grand public d’en apprendre davantage sont précieuses. Et ce d’autant plus que la composante environnementale des ODD engage l’ensemble de l’humanité, et non plus seulement les pays du tiers-monde. Il est donc d’autant plus indispensable de participer à un événement unique organisé au mois de novembre par la ville de Lyon: la semaine de la solidarité internationale.

En mettant à l’honneur le thème des Objectifs du Millénaire, le réseau Silyon nous a invités à participer à une manifestation inédite en faveur de la solidarité internationale. Réunissant des centaines d’acteurs engagés dans le développement durable, l’économie solidaire ou encore le commerce équitable, la semaine de la solidarité internationale a constitué une nouvelle opportunité pour sensibiliser le public aux défis environnementaux et sociaux dans un cadre global. Comprenant un ensemble de conférences, d’animations et de festivités, l’évènement a voulu promouvoir les relations entre les associations, les organisations non gouvernementales, et le public. Ce fut avant tout un moment de partage, de découverte et de débat sur les grands défis de notre société, notamment climatique. En mettant en perspective les initiatives concrètes en faveur du développement durable, la semaine de la solidarité internationale a souhaiter permettre au public de porter un regard plus critique sur les enjeux mondiaux à quelques semaines de la COP21, qui se tient actuellement à Paris.

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